NUISANCES à LACQ : ATTENTION, DOSSIER ULTRASENSIBLE !

 La République des Pyrénées – Par Julien Mallet, publié le 20 août 2015
Nuisances à Lacq : attention, dossier ultrasensible !

Le brouillard qui entoure l’affaire des odeurs « irrespi-rables » n’est toujours pas dissipé. La crispation gagne les élus.

Les autorités sanitaires, les services de l’État et le parquet de Pau prennent le dossier « très au sérieux » avec l’ouverture de trois enquêtes.

C’est déjà le feuilleton de l’été. Il pourrait devenir celui de la rentrée suite à l’enquête ouverte cette semaine par le parquet de Pau. Retour sur l’affaire qui agite le bassin de Lacq et au-delà depuis quinze jours maintenant.

Les faits

Jeudi 6 août, 19 h. Réunis chez un habitant de Lacq et preuves à l’appui (certificats médicaux, photos, attestations…), une vingtaine de riverains du site industriel sortent du silence. Voilà près d’un an qu’ils expliquent être victimes de nausées et de violents maux de tête, mais aussi de brûlures au niveau des voies respiratoires et d‘irritations sur la peau. Ils ne veulent plus de ces nouvelles odeurs « irrespirables » et fumées « toxiques » qui viennent pourrir leur quotidien.

Ils ont bien évidemment alerté les industriels et les pouvoirs publics avant de se tourner vers les médias. Mais le dossier n’avance pas assez vite à leurs yeux. Au contraire. Le phénomène s’est intensifié depuis trois mois, précisent-ils. Leur air est devenu « irrespirable ».

Si cette action n’accélère pas les choses, elle a le mérite de les rendre publiques. On apprend ainsi que les industriels et les autorités travaillent d’arrache-pied depuis trois semaines sur le sujet. On nous répond aussi que le problème n’est pas nié et qu’une délégation, composée de deux élus de la commune de Lacq et trois riverains du site, a été reçue le 4 août par la Sobegi pour dépassionner le débat. En vain.

D’où viennent les nuisances ?

La source « très probable » des nuisances serait « une fosse contenant du soufre maintenu à l’état liquide, dont le toit dégradé a dû être retiré », détaille le 7 août le premier communiqué de la préfecture. Laquelle précise également que les résultats des mesures effectuées ne mettent en évidence « aucun caractère toxique lié aux odeurs perçues ». Rien à voir, a priori donc, avec les panaches de fumée incriminés.

Sauf que la pilule a du mal à passer auprès de certaines personnes directement touchées par la pollution. Un premier nom commence à circuler : celui d’OP Systèmes, une société spécialisée dans le traitement de déchets non recyclables et la production d’énergie. Cette accusation n’est pas du goût de la direction qui dénonce alors « des allégations dénuées de tout élément de preuve ».

Dépôt de Plaintes et début des enquêtes

Excédés par de nouvelles odeurs et fumées bleues toxiques, les riverains s’adressent à la Sepanso qui, le 13 août, décide de porter plainte au commissariat de Mourenx. L’association pour la protection de l’environnement ne le fait pas contre X, ni contre une entreprise en particulier, mais « contre un état de fait ». Plusieurs particuliers ont décidé, depuis, de porter eux aussi l’affaire en justice. Plus de 25 familles devraient être prochainement convoquées.

Saisi du dossier, le parquet de Pau prend en tout cas l’affaire « très au sérieux ». Trois enquêtes ont été ouvertes pour mise en danger de la vie d’autrui, non-respect de l’arrêté préfectoral du 6 janvier 2009 et non-déclaration d’incident. Les investigations en cours n’ont pas encore permis de relier les nuisances à une source de pollution précise.

Tout le monde marche sur des oeufs

D’un côté, des riverains qui préfèrent rester anonymes par solidarité pour ceux d’entre eux qui sont aussi salariés sur le site. De l’autre, des industriels, dont le patron d’OP Systèmes, qui refusent de s’exprimer autrement que par l’intermédiaire de communiqués techniques dont les conclusions ne satisfont pas les riverains, ni même certains élus. Un mode de fonctionnement qui participe au flou du moment. Et entretient le mythe d’une certaine « bulle de discrétion » établie autour du bassin de Lacq. « Mais cela ne va pas durer », prévient un des riverains, joint par téléphone hier. « Attendez lundi et vous verrez que nous ne nous cachons pas. » « Nous sommes en train de préparer une nouvelle communication« , nous répond-on du côté de l’association syndicale Induslacq, à l’issue d’une énième réunion « Odeurs » (sic). Un vrai feuilleton, on vous dit…

Un dossier ultrasensible

Le bassin de Lacq représente aujourd’hui environ 7 700 emplois, en même temps qu’un colossal chantier de reconversion, toujours en quête d’investissements. C’est aussi de nouveaux lotissements à remplir pour les communes avoisinantes, toute une économie à faire vivre. Bref, cette nouvelle histoire de pollution tombe au plus mauvais moment, dans un contexte qui plus est politiquement tendu concernant la gouvernance de la communauté de communes de Lacq-Orthez. On n’a donc pas fini d’en parler. Et pas seulement sur le plan de la santé.

 La République des Pyrénées – Par Julien Mallet, publié le 20 août 2015

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