ABATTOIR D’Alès : BRIGITTE BARDOT DEMANDE UNE «SURVEILLANCE SÉVÈRE»

Le Figaro – le 16/10/2015

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«Le scandale de l’abattoir d’Alès n’est que la partie visible de l’atroce assassinat de millions d’animaux qui se perpétue jour après jour dans l’indifférence des partis politiques», s’indigne Brigitte Bardot. «Les images tournées à Alès montre une réalité qui n’a rien d’exceptionnel. Ce qui est exceptionnel, c’est d’avoir pu tourner des images à l’intérieur d’un abattoir», alerte Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Brigitte-Bardot. «C’est un milieu où la transparence n’existe pas, le monde des abattoirs est très opaque», déplore le défenseur des animaux. «Le problème, c’est que les abattoirs sont fermés: au public, aux associations, aux journalistes… C’est donc aujourd’hui très difficile de savoir ce qu’il s’y passe. Et quand on ne se sent pas observer ni surveiller, les dérapages sont plus fréquents», explique le représentant de la Fondation.

«Les abattages tels qu’ils sont encore pratiqués rappellent les méthodes employées dans les camps nazis», ajoute la militante de la cause animale avant d’accuser l’État, le ministère de l’Agriculture et les services vétérinaires d’être «responsables et coupables des tortures infligées aux animaux».

Étiquetage obligatoire du mode d’abattage

Proposition de résolution de la sénatrice Sylvie Goy-Chavent

En réponse à cette indignation générale, la sénatrice Sylvie Goy-Chavent a diffusé auprès des sénateurs, ce jeudi après-midi, une proposition de résolution concernant le manque de transparence et de contrôle des abattoirs. La proposition, soutenue par la Fondation Brigitte-Bardot, «tend à la création d’une commission d’enquête sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français». La sénatrice UDI de l’Ain, également rapporteure de la «mission commune d’information sur la filière viande en France et en Europe» rédigée en 2013 au lendemain du scandale de la viande de cheval, prône ainsi «l’instauration d’un étiquetage obligatoire du mode d’abattage, selon des modalités non stigmatisantes» qui serait appliqué à toutes les viandes, brute et transformée.

Brigitte Bardot réclame pour sa part qu’une «surveillance sévère» soit exigée dans tous les abattoirs de France et que «toutes les exactions (soient) sévèrement punies». Sylvie Goy-Chavent se positionne également en faveur d’un plus grand contrôle des abattoirs et de la présence de davantage de vétérinaires indépendants dans ces établissements pour veiller à un meilleur respect des règles en vigueur. Déjà en 2013, le rapport qu’elle a dirigé préconisait «d’imposer des contrôles physiques des vétérinaires au poste d’abattage, pour toutes les espèces et suivre les incidents d’étourdissement ou d’égorgement». Mais le ministre de l’Agriculture n’avait donné aucune suite à ce rapport.

L’OABA, l’Oeuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs, est également favorable à une plus grande transparence dans ces établissements. Ainsi, l’association demande que, début novembre, la Brigade Nationale d’Enquêtes Vétérinaires et la Mission d’Audit Sanitaire de la Direction Générale de l’Alimentation soient saisies aux fins d’inspections dans tous les abattoirs. «Le ministre de l’Agriculture nous promet pour la période 2015-2020, une stratégie de la France pour le bien-être des animaux. Il est urgent qu’elle débute par un contrôle renforcé de tous nos abattoirs», alerte Jean-Pierre Kieffer, vétérinaire et président de l’OABA.

Une industrialisation de la filière viande

Selon les associations et observateurs, cette opacité sert avant tout les intérêts financiers de la filière. Après avoir visité de nombreux abattoirs en France dans le cadre de sa mission d’information sur la filière viande, Sylvie Goy-Chavent met en cause «une industrialisation de la filière viande qui rend plus difficile de savoir ce qu’il se passe dans les abattoirs». Un constat également partagé par la Fondation Brigitte-Bardot: «Le problème c’est que la France a fermé de nombreux abattoirs de plus petites tailles pour faire de l’abattage intensif. Chaque abattoir est ainsi tenu de respecter un rendement minimum. L’intérêt économique prime sur la souffrance animale et la sécurité sanitaire», indique Christophe Marie.

Pour améliorer la situation, la Fondation Brigitte-Bardot prône «la mise en place de labels assurant un certain niveau de vie pendant l’élevage mais également durant leur abattage. Dans l’absolu, il y a une demande de la part du consommateur. De petites structures spécialisées dans l’abattage d’une espèce animale et dotées de matériel adapté à l’abattage d’un animal permettraient également limiter la souffrance animale. Mais dans l’immédiat, la solution est de diminuer la consommation de viande», estime le porte-parole de la Fondation Brigitte-Bardot.

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