DEUX SALARIÉS DANS L’ENFER DES PESTICIDES

LE MONDE | 23.09.2016

C’est une victoire amère et cher payée. Mais une victoire incontestable.

5002417_7_94d0_portrait-de-laurent-guillou-et-stephane_00b8c10be829a3b16f7e6a9aff9e3227En proposant, jeudi 22 septembre, 101 750 euros d’indemnités à Stéphane Rouxel et 111 190 euros à Laurent Guillou, le tribunal des affaires de Sécurité sociale (TASS) des Côtes-d’Armor reconnaît l’importance du préjudice subi par ces deux ex-salariés de l’entreprise Nutréa – spécialisée dans l’alimentation animale et filiale de la coopérative agricole Triskalia, qui en détient 55 % –, sur le site de Plouisy, près de Guingamp (Côtes-d’Armor).

Cette décision intervient à l’issue d’un marathon judiciaire, l’accident du travail à l’origine du syndrome d’hypersensibilité multiple aux produits chimiques s’étant déroulé en 2009. Elle marque une étape importante dans le dossier des intoxications par les pesticides.

« C’est la première fois que des salariés de l’agroalimentaire, atteints d’hypersensibilité, arrivent à faire reconnaître la “faute inexcusable” de l’employeur et obtiennent l’indemnisation de leur préjudice »,

avance l’avocat des deux hommes, François Lafforgue.

La société Nutréa, précise le TASS, est donc condamnée à rembourser à la Mutualité sociale agricole (MSA) « l’intégralité des conséquences financières imputables à la faute inexcusable de l’employeur », ainsi que les frais de justice des deux victimes.

« Ce sont des lanceurs d’alerte »

Cette décision, si elle ne répond pas aux demandes financières de Stéphane Rouxel et de Laurent Guillou – ils réclamaient 360 000 euros chacun pour leurs souffrances physiques et morales –, est une première. « Ce sont des lanceurs d’alerte, ils défrichent le terrain », souligne Serge Le Quéau, de l’Union syndicale Solidaires-Bretagne, soutien indéfectible depuis le début de l’affaire. « Cette brèche ouverte encouragera d’autres salariés, inquiets de perdre leur emploi, à prendre la parole », se félicite aussi Nadine Lauverjat, de l’association Générations futures.

Derrière le cas devenu emblématique des deux Bretons, « de nombreux cas de Parkinson, de lymphome, de séminome, de maladie pulmonaire, ont touché des salariés agricoles, des paysans ou encore des techniciens d’espaces verts », témoigne le Collectif de soutien aux victimes de pesticides de l’Ouest.

Stéphane Rouxel et Laurent Guillou, âgés respectivement de 50 ans et 46 ans, souffrent de céphalées, de nausées, de diarrhées, d’irritations des voies aériennes ou encore de brûlures cutanées

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