LA FRANCE VA-T-ELLE SAUVER SES HÉRISSONS?

Le Monde – le 12 Mai 2017 :

000_DV1295524-768x452.jpg(…) Cet animal des plus communs et pourtant de plus en plus menacé

(…) Outre-Manche, les chiffres sont alarmants. Les populations de hérissons étaient estimées à 1,55 million d’individus en 1995 contre 36,5 millions dans les années 1950 ! Et le déclin se poursuitSelon plusieurs études britanniques, en moins de vingt ans, elles ont perdu 30 % de leurs effectifs dans les zones urbaines et jusqu’à 75 % dans les campagnes.

En France, il n’existe aucune statistique de la sorte ni aucun suivi national« Mais il n’y a aucune raison que la situation soit différente de celle de l’Angleterre ; elle doit même être pire puisque l’on utilise davantage de pesticides, qui intoxiquent ces mammifères », note Jean-Xavier Duhart, le coordinateur du réseau d’associations Sauvons les hérissons.

Erinaceus europaeus, protégé sur le territoire depuis 1981, n’est pourtant classé que comme une « préoccupation mineure » sur la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature – à  l’exception de la région Rhône-Alpes, où il est « quasi-menacé ».

Circulation automobile et pesticides

000_DV1823679-768x511.jpgL’expert a tenté de quantifier ce déclin. La première des menaces qui pèsent sur la boule de piquants, c’est le trafic automobile. (…) 1 à 3 millions de hérissons sont tués chaque année sur les routes, avec une moyenne de 1,8 million. « Cette mortalité a été multipliée par trois ou quatre en quarante ans », estime-t-il.

Il y a ensuite les pesticides, et notamment les néonicotinoïdes neurotoxiques, qui affectent toujours davantage les petits mammifères, soit directement, lorsqu’ils ingèrent les granulés, soit indirectement, en dévorant des proies (insectes, escargots) elles-mêmes imprégnées. L’Hexagone est l’un des plus gros consommateurs de ces substances en Europe et leur usage ne cesse d’augmenter – à l’exception d’un léger recul entre 2014 et 2015.

(…) « Les hérissons doivent aujourd’hui parcourir de grandes distances pour trouver de la nourriture, des partenaires pendant la période de rut et des abris, comme des haies, pour l’hibernation. Ils parcourent parfois 1 à 2 km, ce qui augmente les chances de périr », explique Christian-Philippe Arthur.

Ces dangers ont aussi contribué à réorganiser l’espèce : on la trouve aujourd’hui principalement en zone urbaine (entre 15 et 37 animaux par km²) plutôt qu’en zone rurale (entre 1 et 4), selon la thèse de Pauline Hubert, de l’université de Reims Champagne-Ardenne, réalisée en 2008.

« En restaurant l’habitat des hérissons (haies, végétation naturelle, bocages), on améliore celui d’autres êtres vivants, comme les insectes, les escargots, limaces, araignées (…)

 « Il faut replanter des haies, installer des « passages à faune » sur les routes, limiter la vitesse de circulation dans les campagnes et arrêter le cercle vicieux des pesticides. » (…)

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