POLLUTION DU BASSIN DE LACQ : LES CAUSES DEMEURENT INCONNUES

Sud-Ouest – le 15/07/2017 :

L’association Sepanso y lit un aveu d’impuissance des industriels face à une détresse croissante des riverains.

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« Des solutions, ils n’en trouvent pas. »

Cri de colère d’un riverain de la zone industrielle de Lacq. L’épiderme de ses bras est marqué de cicatrices rondes comme des brûlures de cigarettes. Depuis 2015, les habitants de Lacq et des communes aux alentours du site se plaignent d’odeurs piquantes et présentent des symptômes physiques inquiétants (langue qui gonfle, irritations, étouffements).

Mardi 11 juillet, s’est tenue la quatrième réunion d’information avec les élus locaux, les représentants de l’État et les industriels à destination des riverains, à la mairie de Lacq. Frustrations et incompréhensions alors que les dernières analyses n’ont pas pu montrer de corrélation entre un incident chimique et les maux des Lacquois.

Une recrudescence des maux

« Malgré les améliorations, les gens souffrent, ils veulent au moins savoir de quoi », a tonné Sylvie Merle-Vignau, secrétaire de la Fédération des sociétés pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature (Sepanso). L’association est venue montrer son soutien à la grosse vingtaine d’habitants présents à la réunion. Ils n’ont pas été conviés à la discussion qui s’est tenue à huis clos.

L’arrêt de l’unité de revalorisation de soufre a peut-être été à l’origine du répit de cinq mois qu’ont connu les habitants de Lacq. Mais depuis le début de l’été, les brûlures et les sensations d’étouffement ont repris de plus belle.

Pour l’instant, les trois campagnes d’analyse de l’air n’ont rien montré d’anormal a rappelé Yannick Lefichant, détaché comme coordinateur de la médiation entre les entreprises et les riverains. Une nouvelle analyse serait prévue. Le maire de Lacq-Audéjos a précisé que « des solutions seraient trouvées dès que la cause du problème serait détectée ». À ce jour, le site répond aux normes des meilleures techniques disponibles (MTD) pour limiter la pollution.

Des mesures insuffisantes, selon l’association, qui prie les pouvoirs publics d’explorer d’autres hypothèses, dont celle que Patrick Mauboules, de la Sepanso, a appelé « l’effet cocktail ». « Aujourd’hui, les 20 entreprises présentes sur le complexe pétrochimique manipulent 140 molécules. Toutes les interactions ne sont pas connues des scientifiques. »

Autre possibilité soulevée, celle de l’hypersensibilité des habitants de la zone, exposés depuis des années aux émanations des usines. « Dans tous les cas, il y a quelque chose qui est alarmant. Si toutes ces personnes, habituées aux odeurs depuis des décennies se plaignent, il faut s’inquiéter », conclut Sylvie Merle-Vignau.

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BÉARN : EPISODE DE POLLUTION AU SO2 SUR LE BASSIN DE LACQ

Sud-Ouest – le 11/06/2017 :

Les concentrations de dioxyde de soufre ont fortement augmenté ce dimanche midi à Lacq et Mourenx

Ce dimanche 11 juin 2017 à 12h30, les concentrations en SO2 (dioxyde de soufre) ont fortement augmenté dans les secteurs de Lacq et Mourenx.

Des riverains du bassin de Lacq ont fait état de dégagements de fumée orange, caractéristique du dioxyde de soufre, qui génère irritations respiratoires et nuisances olfactives.

 

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Photo ARSIL Les riverains des sites industriels du Bassin de Lacq  : « Bonjour à tous voici une photo prise de Mourenx bourg aujourd’hui à 13h15 on dirait que ça vient de Calliope Ou Yara ».   –   « Encore un week end douloureux pour les riverains à Lacq: réveil en pleine nuit avec effets physiologiques: nez bouché, problèmes pour respirer. Émissions de NO2 entre 20 et 40 microgrammes par m3 entre 18h et 6h du matin relevées sur Air Atmo. Appels au site pour plaintes. C’est en dessous de la « norme » mais les conséquences sont là ! A moins que ces effets soient provoqués par des produits non mesurés par Air Atmo… ?

Dispositif d’information et de recommandation

Le dispositif préfectoral Atmo, chargé d’alerter en cas de dépassement des seuils, a émis un message d’information sanitaire à destination des populations vulnérables et sensibles, à savoir :

– Populations vulnérables = femmes enceintes, nourrissons et jeunes enfants, personnes de plus de 65 ans, personnes souffrant de pathologies cardio-vasculaires, insuffisants cardiaques ou respiratoires, personnes asthmatiques.
– Populations sensibles = personnes se reconnaissant comme sensibles lors des pics de pollution et/ou dont les symptômes apparaissent ou sont amplifiés lors des pics (par exemple: personnes diabétiques, personnes immunodéprimées, personnes souffrant d’affections neurologiques ou à risque cardiaque, respiratoire, infectieux).

« En cas d’épisode de pollution au SO2 : limitez les déplacements sur les grands axes routiers et à leurs abords, aux périodes de pointe (horaires à préciser éventuellement au niveau local). Limitez les activités physiques et sportives intenses (dont les compétitions), autant en plein air qu’à l’intérieur. »

Le seuil d’information et de recommandation est fixé à 300 microgrammes / m3 en moyenne horaire. Ce dimanche à 12h30, la concentration observée était de 568 microgrammes / m3 à Lacq, et de 401 microgrammes / m3 à Mourenx.

Les services préfectoraux précisent : « Le maintien de ce niveau de pollution est peu probable pour la journée de demain. »

SANTÉ à LACQ: CIRCULEZ, IL N’Y A RIEN à VOIR !

La République des Pyrénées – le 14 octobre 2016

Le comité de suivi des questions de santé sur le bassin de Lacq est installé au siège de la Communauté de commune Lacq-Orthez, à Mourenx. La presse a été priée de quitter les lieux. Tant pis pour la transparence…

Il est 15 heures, ce vendredi à Mourenx. La séance d’installation du comité de suivi du bassin de Lacq s’ouvre au siège de la communauté de communes de Lacq-Orthez (CCLO), à Mourenx. La salle du conseil est considérablement garnie. « Preuve que la question est importante », glissera en introduction le préfet des Pyrénées-Atlantiques Eric Morvan.

« Rien n’est pire que de laisser penser qu’on est maintenu dans l’ignorance des risques sanitaires. »

Juste avant, le président de la CCLO, Jacques Cassiau-Haurie, a ouvert cette séance d’installation sur le thème de la transparence en matière d’impact sanitaire et environnemental de l’activité industrielle sur le bassin de Lacq. « Cette instance doit favoriser l’information au public, déclare-t-il. Rien n’est pire que de laisser penser qu’on est maintenu dans l’ignorance des risques sanitaires. »

Moins de 20 minutes après l’ouverture de la séance, alors que le préfet Eric Morvan commence à s’exprimer, le photographe et le rédacteur de La République des Pyrénées vont être priés de quitter la salle, sur consigne de la secrétaire générale de la préfecture.

Il est question de santé publique

On résume : on donne naissance à un comité de suivi des impacts sanitaires et environnementaux de l’activité industrielle sur le bassin de Lacq, où il va donc être question de santé publique, dans l’objectif affiché d’assurer une meilleure information des populations.  En toute transparence. Mais la simple installation de ce comité, pour en connaître les missions, le fonctionnement et la régularité de ses réunions, par exemple, est donc fermée à la presse. Pas de quoi rassurer sur la fin de l’opacité sur le dossier de Lacq, notamment en ce qui concerne les odeurs ressenties à nouveau de façon importante par les habitants.

Le comité de suivi doit fusionner les deux structures pré-existantes : le comité local d’information et de concertation (CLIC), chargé de l’’élaboration du Plan de Prévention des Risques Technologiques (PPRT) et le Secrétariat permanent pour la prévention des pollutions industrielles (SPPPI), instance de concertation réunissant (une fois par an) préfecture, industriels, associations de protection de l’environnement, usagers et syndicats de salariés du Bassin de Lacq. 

SUICIDE CHEZ LES AGRICULTEURS : LES PESTICIDES MIS EN CAUSE

Newsweek – le 10 Avril 2014 :

a856bb59848488ff3274293ddb6b9db5Dans un article publié dans le magazine américain Newsweek en avril dernier, l’écrivain et réalisateur Max Kutner soulève la question d’un lien potentiel entre l’exposition aux pesticides et les niveaux élevés de suicides chez les agriculteurs. 

Aux-États-Unis, les agriculteurs ont un taux de suicide deux fois plus élevé que la population générale. En France, un agriculteur meurt par suicide tous les 2 jours,

indique-t-il. Le chiffre serait plutôt d’un par jour selon certaines analyses.

Les agriculteurs vivent souvent de grandes difficultés liées aux évolutions actuelles du travail agricole. Mais un autre facteur pourrait s’ajouter: celui de l’exposition aux pesticides. 

Une étude publiée par la psychologue Lorrann Stallones de l’Université d’État du Colorado et ses collègues dans la revue Environmental Health Perspectives (EHP) en 2008 montrait un lien entre l’exposition aux pesticides et la dépression. Les travaux de ces chercheurs ont montré que les agriculteurs en contact avec les pesticides développent des symptômes physiques comme la fatigue, des engourdissement, des maux de tête et des troubles de la vision, ainsi que des symptômes psychologiques comme l’anxiété, l’irritabilité, des difficultés de concentration et la dépression, résume Kutner.

Selon une recherche rapide que nous avons effectuée, une étude publiée ce mois-ci dans la même revue par John D. Beard de l’Université de Caroline du Nord et ses collègues montre aussi des liens entre l’exposition à plusieurs pesticides spécifiques et la dépression. 

En 2013, une analyse de la littérature scientifique publiée par les chercheurs Carmen Freire et Sergio Koifman dans l’International Journal of Hygiene and Environmental Health (IJHEH) indiquait que certaines études montrent un lien entre l’exposition aux pesticides et soit la dépression, soit le suicide. L’analyse montrait la pertinence de mener de plus amples recherches pour explorer ces relations dans des études incluant de plus grands nombres de travailleurs en utilisant des évaluations détaillées de l’exposition et des évaluation d’autres sources potentielles de stress psychologique.

« SUR LES PERTURBATEURS ENDOCRINIENS, LA FRANCE A CAPITULÉ , TOTALEMENT ET COMPLÈTEMENT»

LE MONDE | 10.07.2017 :

arton12679-e6cb0La France a finalement cédé sur le dossier des perturbateurs endocriniens (PE). Elle s’est départie de la fermeté qu’elle avait affichée jusqu’ici. Elle a abandonné en rase campagne le Danemark et la Suède, avec lesquels elle luttait, pied à pied, pour un niveau de précaution en matière de santé et d’environnement qui soit simplement en accord avec le droit de l’Union. Contrairement au « storytelling » distillé par le gouvernement, la France n’a obtenu, en signant les critères de définition de ces substances, le 4 juillet à Bruxelles, aucun nouveau progrès, aucune avancée.

Le texte permettra d’identifier les PE seulement « présumés », entend-on claironner. Hélas ! Cette mention est absente des annexes techniques, ce qui la rend juridiquement inexistante. En outre, elle était déjà présente dans la version de mi-mai. Il faut le rappeler et le répéter : le document signé le 4 juillet n’a pas changé d’une virgule par rapport à celui qui était sur la table avant la formation du premier gouvernement d’Edouard Philippe. La France n’a rien obtenu de plus. Elle a capitulé, totalement et complètement.

Le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a assuré que les dérogations accordées par le texte aux pesticides « perturbateurs endocriniens par conception » seront combattues par la France, qui les bannira unilatéralement de son territoire. Mais qui peut croire qu’un gouvernement sabordera la compétitivité de son agriculture en interdisant l’usage de dizaines de pesticides autorisés ailleurs en Europe ? Et qui réalisera le travail gigantesque d’analyse, molécule par molécule, nécessaire à une telle mesure ? Les fonctionnaires déjà surchargés de l’Agence nationale de sécurité sanitaire ? Ce n’est pas sérieux.

Le paravent du jargon technique

Oublions un instant la santé et l’environnement. Car c’est avant tout de démocratie qu’il s’agit.


Reporterre – le 05 Juillet 2017 :

Les gouvernements européens ont adopté le 4 juillet une définition commune des perturbateurs endocriniens. Cela a été possible par le changement de pied de la France : alors que Mme Royal avait bloqué ce texte aux garanties insuffisantes, M. Hulot a cédé. Les dispositions adoptées sont critiquées par les écologistes. La bataille se portera au Parlement européen.

Une « véritable politique européenne sur les perturbateurs endocriniens », « un grand succès » : voici les mots choisis par le Commissaire européen à la santé et la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis, pour saluer l’adoption par les États européens d’une définition de ces substances reconnues dangereuses pour notre santé. Ce texte était présenté régulièrement depuis juin 2016 aux États européens, qui jusqu’à présent n’étaient pas assez nombreux à l’approuver pour qu’il soit adopté.

Mardi 4 juillet à la mi-journée, le changement de position de la France — qui s’était opposée jusqu’ici — a tout fait basculer et a permis le vote d’un texte sur un dossier qui traîne depuis décembre 2013.

« Une fois appliqué, ce texte assurera que toute substance active utilisée dans les pesticides et identifiée comme perturbatrice endocrinienne pour les personnes ou les animaux peut être évaluée et retirée du marché », a poursuivi Vytenis Andriukaitis dans le communiqué de la Commission.

Vraiment ? Ce n’est pas l’avis des ONG environnementales qui suivent le dossier depuis longtemps – notamment Générations futures et une coalition de 70 ONG, EDC Free Europe. Elles jugent que cette définition présente deux défauts majeurs, qui risquent de limiter fortement le nombre de substances concernées :

  • Elles considèrent que le niveau de preuve demandé pour classer une substance comme perturbatrice endocrinienne est trop élevé : la majorité d’entre elles risquent d’échapper au classement ;
  • Elles contestent l’exemption accordée aux pesticides ayant pour mode d’action, justement, la perturbation endocrinienne. « C’est précisément cette disposition qui permettrait d’exclure le glyphosate de la liste des pesticides perturbateurs endocriniens », dit à Reporterre François Veillerette, porte-parole de Générations futures.

« L’ensemble des ONG européennes qui suivent le dossier est donc très déçu de ce changement de position de la France », poursuit-il. Seuls le Danemark, la Suède et la République tchèque ont voté contre la proposition de la Commission.

La France, elle, avait pourtant fortement pris position contre. En décembre dernier, l’ex-ministre de l’Environnement Ségolène Royal avait jugé « inacceptable » la définition de la Commission. Le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, au micro de Jean-Jacques Bourdin, avait indiqué fin juin qu’il ne « céderait rien sur ce sujet ».

Il s’explique de ce revirement dans une interview à Libération mardi 4 juillet. « Jusqu’au bout, je n’étais pas du tout certain de voter le texte », assure-t-il. Pour le faire, « il y avait un certain nombre de conditions que j’ai obtenues, à l’exception d’une seule. »

« Aujourd’hui, la France a fait le choix politique de ne pas s’opposer »

Ces conditions sont détaillées dans un communiqué publié mardi 4 juillet à la mi-journée, qui se réjouit de « ce vote [qui] met fin à quatre années de retard pour l’interdiction de ces substances dangereuses. ». Parmi les concessions obtenues, la réévaluation de substances supplémentaires, une stratégie globale permettant de prendre en compte toutes les voies d’expositions aux perturbateurs endocriniens (jouets, cosmétiques et emballages alimentaires inclus), 50 millions d’euros pour la recherche sur le sujet, et enfin une évaluation rapide de l’impact de cette nouvelle définition des perturbateurs endocriniens (PE).

Toujours dans Libération, Nicolas Hulot se félicite donc d’avoir fait « basculer dans le giron un certain nombre de substances qui, pour l’instant, en étaient tenues à l’écart ». Il admet n’avoir « pas eu gain de cause sur la levée de l’exemption – que défendent notamment les Allemands – de certains produits qui ont été conçus pour être des PE. »

« Cela veut dire que l’on va évaluer quelques substances de plus, mettre un peu plus d’argent dans la recherche, et renforcer une stratégie européenne qui existe déjà, explique François Veillerette. C’est plutôt positif, mais en fait, ce n’est pas grand-chose. Rien n’a été gratté sur les deux points essentiels et problématiques de la définition. »

Pourquoi le gouvernement français a-t-il lâché en échange de si peu ? « Je ne me l’explique pas, confie à Reporterre Corinne Lepage, pourtant soutien d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle. J’avais déjà trouvé les réponses de Nicolas Hulot à Jean-Jacques Bourdin assez évasives sur ce sujet-là. »

« Depuis le début, la dynamique au niveau de l’État français est de ne pas faire obstacle à l’avancée européenne, observe François Veillerette. Ils veulent être dynamiques, européens, positifs. Nous n’avons pas arrêté de leur dire que, même si c’est désagréable de dire non à la Commission, il faut se battre. Mais aujourd’hui, la France a fait le choix politique de ne pas s’opposer. »

Mais ce sont quelques mots glissés dans le communiqué français qui l’inquiètent le plus. Celui-ci met en avant des « mesures nationales » destinées à renforcer l’action sur les perturbateurs endocriniens en France. Il indique que « les ministres de la Transition écologique et solidaire, des Solidarités et de la Santé, et de l’Agriculture et de l’Alimentation, saisiront l’Anses [Agence nationale de sécurité sanitaire] pour mener une évaluation des risques des produits les plus utilisés contenant ces substances. »

Une phrase à lire attentivement. François Veillerette relève tout d’abord que seuls les « produits les plus utilisés » sont concernés. Et surtout, ils seront soumis à une « évaluation des risques ». « Cela signifie que l’on peut tolérer un produit dangereux s’il est peu présent dans l’environnement. Mais cette méthode ne fonctionne pas pour les PE, car leur impact n’est pas lié à la quantité, mais au moment d’exposition – la grossesse par exemple -, à l’effet cocktail – la plupart du temps on est exposé à plusieurs PE en même temps et leur impact est décuplé -, sans compter qu’ils ont un effet transgénérationel. » En résumé, l’exposition à la moindre petite molécule de PE au mauvais moment peut avoir des conséquences à très long terme…

« L’évaluation des risques, c’est exactement ce que veut l’industrie. Or, on avait obtenu avec le règlement européen de 2009 une possibilité d’interdire les PE sur la base de leur dangerosité : si un produit est dangereux pour la santé, on ne le met pas sur le marché. Remplacer le danger par le risque, c’est une capitulation idéologique majeure », regrette encore le porte-parole de Générations Futures.

Mais tout n’est pas terminé pour autant. Le texte approuvé hier doit désormais passer devant le Parlement Européen. Les ONG l’appellent à refuser cette définition des PE.

LA LUTTE CONTRE LA POLLUTION LUMINEUSE PREND DU RETARD EN FRANCE

LE MONDE | 19.04.2017 :

pollution-lumineuse-TenerifeTrois associations ont déposé un recours devant le Conseil d’Etat pour dénoncer l’inaction du gouvernement. Cette pollution méconnue a des conséquences sur les écosystèmes et la santé.

Moins médiatisée que la pollution de l’air ou le réchauffement climatique, la pollution lumineuse fait pourtant partie du quotidien. Les lumières artificielles s’accumulent dans les environnements professionnel et personnel : bâtiments intérieur et extérieur, panneaux publicitaires, commerces, bureaux, lampadaires, installations sportives… On parle de pollution lumineuse lorsque les éclairages artificiels sont omniprésents au point d’altérer les niveaux d’éclairage naturel de la nuit, et ont des conséquences sur l’environnement nocturne.

La consommation électrique liée à l’éclairage public reste assez faible en France (5,6 térawattheures, soit 1,2 % de la consommation totale d’électricité du pays en 2015, selon les chiffres de l’Association française de l’éclairage). L’éclairage des villes, indispensable notamment pour assurer la sécurité, continue pourtant de grignoter l’obscurité des nuits.

L’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne (ANPCEN) estime que « le nombre de points lumineux a augmenté de 89 % en vingt-cinq ans » en France. Selon une étude publiée en juin 2016 dans la revue américaine Science Advances, près de 83 % de la population mondiale et près de 99 % des populations européenne et américaine vivent sous un ciel nocturne plus ou moins altéré par la pollution lumineuse. Un label de « réserve internationale de ciel étoilé » a même été décerné fin 2013 au pic du Midi pour préserver la qualité du ciel dans cette région.

Inquiètes des conséquences de ce « crépuscule permanent », l’ANPCEN et deux autres associations – France nature environnement (FNE) et la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature, section Isère – ont saisi le Conseil d’Etat, mi-mars, pour contraindre le ministère de l’environnement à publier les arrêtés prévus par la loi Grenelle II du 12 juillet 2010. « Cette loi réglemente notamment les installations lumineuses dans certains espaces naturels, comme les sites Natura 2000 ou les parcs nationaux. Sauf qu’aujourd’hui, aucun arrêté n’existe. Par exemple, des stations de ski vides la nuit continuent d’être éclairées », dénonce Anne Roques, juriste en environnement de la FNE.

C’est en 2007, avec le Grenelle de l’environnement, que les impacts des émissions de lumière artificielle sur la santé et sur la biodiversité commencent à être pris en compte (loi Grenelle I). En 2010, la loi Grenelle II intègre un chapitre sur « la prévention des nuisances lumineuses ». Trois ans plus tard, un arrêté concernant l’arrêt de l’éclairage des bâtiments non résidentiels entre 1 heure et 7 heures du matin est signé. Mais aucun arrêté d’application n’a été paraphé sur le volet des espaces naturels. En 2016, la loi sur la biodiversité avait pourtant inscrit les paysages nocturnes dans « le patrimoine commun de la nation ». Contacté, le cabinet de la ministre de l’environnement n’a pas répondu à nos sollicitations.

La qualité de la nuit en France, en 2015, apparaît médiocre dans la plupart des régions de France.

Dans un courrier adressé à Ségolène Royal, en novembre 2016, les associations demandaient déjà l’application stricte de la loi, sans réponse. « Tous les soirs, 36 000 communes françaises sont concernées. On se demande pourquoi cette pollution lumineuse n’est pas prise au sérieux. Si on avait des robinets qui coulent à la place des lampadaires qui restent allumés, on s’inquiéterait davantage », explique la présidente de l’ANPCEN, Anne-Marie Ducroux.

Pour elle, les solutions pour diminuer cette pollution sont simples, comme une orientation des lampadaires « Ulor zéro », c’est-à-dire qui ne dépasse pas l’horizontale. « Heureusement, nous avons recensé plus de 12 000 communes qui diminuent d’elles-mêmes leur consommation la nuit, détaille-t-elle. Il nous faut maintenant des mesures globales au niveau national car les effets de la lumière artificielle sur la biodiversité et sur la santé sont avérés. »

Effets sur la biodiversité et la santé

Dans certaines régions, notamment autour des grandes métropoles, la nuit noire n’existe plus vraiment. Des halos lumineux créés par les lumières des villes sont visibles à plusieurs kilomètres, entraînant des conséquences sur l’écosystème. Ainsi, des prédateurs qui utilisent la lumière pour chasser, ou à l’inverse des proies qui utilisent l’obscurité comme protection, voient leur mode de vie perturbé.

Les oiseaux qui migrent ou chassent la nuit naviguent au clair de Lune et à la lumière des étoiles. Les lumières artificielles peuvent les faire migrer trop tôt ou trop tard et manquer des conditions idéales pour la nidification ou la recherche de nourriture. Dans un article publié dans le New York Times en avril 2016, des scientifiques ont alerté sur les conséquences sur d’autres populations comme les tortues de mer, les coraux ou les planctons.

Mais la santé des êtres humains aussi est détériorée par une exposition inappropriée aux lumières artificielles. Pour Patrice Bourgin, chercheur au CNRS à l’Institut des neurosciences cellulaires et intégratives, et responsable du Centre d’études des troubles du sommeil au CHU de Strasbourg, le corps humain est certes « programmé pour être exposé à la lumière naturelle » et la lumière du jour est « indispensable » pour caler les rythmes biologiques sur le cycle lumière-obscurité. Mais il alerte sur les dérèglements de l’horloge interne que peut entraîner une exposition à la lumière à un moment inopportun : « Notre horloge biologique régit notre rythme circadien [ou biologique], qui dure environ vingt-quatre heures. Ce rythme va être perturbé par exemple lors d’une exposition intense et tardive le soir. »

Autre conséquence, la lumière va inhiber la synthèse de la mélatonine, cette hormone sécrétée uniquement la nuit. « La mélatonine agit aussi sur les rythmes circadiens. Finalement, si la lumière a des effets bénéfiques importants pour notre santé, elle peut aussi, en cas de mauvaise utilisation, dérégler nos rythmes circadiens et favoriser la survenue de troubles du sommeil, de l’humeur, voire du diabète. »

DU MICROPLASTIQUE DANS NOS RIVIÈRES, UN PHÉNOMÈNE MÉCONNU, MAIS INQUIÉTANT

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Reporterre – le 26 juin 2017 :

arton12390-ddd6eLa pollution des océans par les microplastiques est un phénomène inquiétant. Mais 80 % de ces fragments viendraient des rivières. Des initiatives de science participative sont prises pour étudier cette pollution en amont, dans les eaux continentales. Les résultats permettront de confronter les États à leur responsabilité.

  • Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), correspondance

Deux canoës s’apprêtent à glisser le long de la Nive, au Pays basque, en cet après-midi ensoleillé et venteux du mois d’avril. Sur la plage de galets en face de la zone d’embarquement, deux hommes ont tendu leur ligne et attendent qu’un poisson plus gourmand ou curieux que les autres se laisse tenter par leur appât. Dans les bateaux, c’est un matériel de pêche d’un tout autre genre que les quatre bénévoles de l’association la Pagaie sauvage ont embarqué : une bouteille de plastique coupée en deux sur laquelle est fixé un collant pour bébé, le « babylegs ». La partie de pêche qui s’annonce n’a pas pour objectif de rapporter du poisson, mais de collecter des données sur le taux de pollution aux microplastiques.

Entre 7.000 et 35.000 tonnes de microplastiques, constitués de particules de plastique inférieures à 5 millimètres, flotteraient à la surface des océans. Pourtant, cette fourchette reste une sous-évaluation de la teneur totale des milieux marins en microplastiques, car les mesures excluent ceux ingérés par la faune ou absorbés par la flore, ceux présents en suspension dans les colonnes d’eau ou ceux qui se déposeraient sur les fonds marins. Au total, 92 % du plastique présent dans les océans pourrait être du microplastique.

Depuis plusieurs années, de nombreux scientifiques se penchent sur ces particules invisibles à l’œil nu qui, présentes dans les milieux marins, se retrouvent désormais dans l’intégralité de la chaîne alimentaire, jusque dans nos assiettes, et qui posent des questions de pollution environnementale et de santé publique. La nocivité en soi des microplastiques sur la santé animale ou humaine reste une question en suspens ; cependant, il a été prouvé que les particules de plastique sont un fixateur de premier ordre pour les substances chimiques et notamment les perturbateurs endocriniens.

« Les études dans les océans sont un premier pas, mais insuffisant »

Si les sources de contamination ne sont pas encore parfaitement connues, il existe néanmoins de fortes suspicions. La plus connue est sans doute celle des cosmétiques : nombre de nos produits hygiéniques contiennent des microbilles de plastiques non traitées par les stations d’épuration du fait de leur trop petite taille. Les exfoliants, certains dentifrices et gels douche sont concernés. Directement rejetées dans les eaux usées, les microbilles atterrissent en milieu naturel. Néanmoins, la législation en France évolue puisque, dès le premier janvier 2018, les microbilles de plastique seront bannies des produits cosmétiques.

Des mésoplastiques.

La deuxième source de la pollution aux microplastiques serait nos machines à laver. Éric Thybaud, responsable du pôle danger et impact sur le vivant à l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), explique : « Nous n’avons pas d’éléments précis, mais les microfibres pourraient venir des lave-linges : elles se dégageraient au moment du lavage des vêtements synthétiques. »

Enfin, le dernier type de microplastiques est issu de la fragmentation de plastiques plus importants qui viennent de sources de pollution mieux identifiées : décharges sauvages, décharges emportées par des crues, rejets par les industries, etc. Éric Thybaud rappelle qu’il ne s’agit là que de présomptions : « Pour valider ces hypothèses, il faudrait reprendre ces plastiques et en déterminer la nature chimique. »

Selon une estimation, environ 80 % des microplastiques retrouvés dans les océans transiteraient par les eaux continentales et seuls 20 % seraient rejetés directement dans les mers. Les rares études menées en eau douce montrent que la teneur en microplastiques y est inquiétante. Ainsi, dans le lac Léman, en Suisse, les chercheurs en ont retrouvé dans tous les types d’échantillons prélevés. En France, seul l’Ineris a mené une recherche sur l’estomac des goujons en 2013 : 10 % des individus de l’échantillon étaient contaminés. Pour Éric Thybaud, « cette étude nous a permis d’observer que le phénomène n’est pas marginal et qu’il est à peu près équivalent à ce que l’on observe en milieu marin ».

Lise Durantou, l’une des fondatrices de l’association la Pagaie sauvage.

S’intéresser à cette pollution des eaux continentales n’a rien d’anodin pour Lise Durantou, l’une des fondatrices de l’association la Pagaie sauvage, laboratoire citoyen sur les microplastiques : « Les études dans les océans sont un premier pas, certes, mais insuffisant. Le milieu océanique n’appartient à personne, ce qui permet de diluer les responsabilités de chaque État. Si l’on veut mieux connaître les sources de contamination et prendre des mesures efficaces pour lutter contre, il faut analyser les eaux continentales. » Le constat est partagé par Éric Thybaud : « Mener d’autres études en eau continentale permettrait de déterminer l’origine des microplastiques et, s’il est avéré qu’ils ont un impact sur les organismes et les écosystèmes, essayer de mettre en place des mesures pour éviter cette contamination. » Mais, si l’Ineris s’intéresse au sujet, l’institut n’a pour l’instant pas les moyens financiers ni humains de poursuivre dans cette voie.

Alerter les citoyens sur le danger de cette contamination méconnue

Face à la rareté de recherches scientifiques, des acteurs de la société civile se sont emparés de la question. La brigade Riverine Input, mise en place par l’ONG Surfrider depuis 2014, se charge de relever tous les mois les niveaux de pollution dans huit zones de l’Adour. Macrodéchets, analyses de la qualité de l’eau et, bientôt, observation du microplastique : le spectre de la brigade est large. Si les échantillons collectés depuis mars 2014 par l’ONG n’ont pas encore révélé leur taux de microplastiques, c’est parce que l’observation nécessite du matériel, a minima une loupe binoculaire. Mais une équipe de chercheurs anglais vient de changer la donne en publiant, en mars 2017 dans la revue Nature, la description d’une nouvelle technique plus simple et moins coûteuse pour séparer le microplastique des autres matières en le rendant fluorescent. Antoine Bruge, responsable du programme Riverine Input, voit dans cette étude la solution pour enfin analyser les échantillons qu’il garde précieusement dans un carton au pied de son bureau dans le grand hangar moderne qui abrite le siège de Surfrider.

L’outil de prélévement : une bouteille de plastique coupée en deux sur laquelle est fixé un collant pour bébé, le « babylegs ».

À bord des canoës de la Pagaie sauvage, l’équipe jette son dévolu sur une gorge bordée par une plage de sable. Les pétales d’acacia qui volent dans la brise et l’eau cristalline de la Nive qui chante entre les rochers laissent présager un milieu préservé. Les quatre membres de l’association présents ce jour-là se relaient pour tenir le « babylegs » trente minutes à l’eau. La technique qu’ils utilisent a été mise au point par une scientifique canadienne, Max Liboiron. Très simple à reproduire, elle a pour objectif d’impliquer les citoyens dans une démarche de science participative : chacun peut élaborer un filet « babylegs » chez lui, procéder à un relevé et envoyer les résultats à l’équipe de l’association qui se charge de les analyser et de les reporter sur la carte interactive de leur site. Lise Durantou espère ainsi faire des émules et inciter des particuliers à participer à une meilleure connaissance de cette pollution invisible. Il s’agit aussi d’alerter les citoyens sur le danger de cette contamination méconnue.

Alexandre Schaal, cofondateur de la Pagaie sauvage.

La jeune structure a déjà trouvé un partenaire pour compléter sa carte : elle s’est associée au projet Solidex, une initiative menée par trois jeunes qui descendront la Loire en canoë pendant deux mois à partir de juin 2017 pour faire de la prévention environnementale. Tous les 100 kilomètres, les participants à Solidex réaliseront un relevé et l’enverront à l’équipe de la Pagaie sauvage pour analyse. Entre les mailles du filet, au milieu des feuilles mortes et des pétales d’acacia, la Nive va révéler un de ses secrets les mieux gardés : l’eau, en apparence cristalline, contient-elle d’infimes particules de plastique ? Lors d’un précédent relevé, l’équipe avait déjà découvert des microplastiques. Mais cela n’étonne plus Alexandre Schaal, cofondateur de la Pagaie sauvage, depuis qu’un relevé s’était avéré positif, à à peine cinq kilomètres de la source de la Dordogne.

Cliquez ici pour voir La carte interactive des prélèvements réalisés

 

« NE LAISSEZ PAS LES VICTIMES DE LA POLLUTION SEULES FACE à LEURS SOUFFRANCE», MONSIEUR HULOT

LE MONDE | 21.06.2017 : 

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TRIBUNE. Lettre ouverte à Monsieur Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire.

Tandis que la canicule s’étend sur le pays, un pic de pollution à l’ozone met en péril, lui aussi, les citoyens. Mais si ce pic a été prévu, annoncé et qu’il dure désormais depuis plusieurs jours, rien n’a été fait.  Même la restriction de la circulation tarde à être mise en place. Et pourtant, on sait que les NOx [oxydes d’azote], précurseurs de l’ozone, sont essentiellement produits par les transports automobiles.

Des messages d’information sont diffusés concernant les mesures à prendre face aux températures élevées, mais rien n’est dit sur le pic de pollution concomitant. C’est ainsi que le dispositif d’information sur la canicule dévoile, en creux, l’absence ou la faiblesse du dispositif antipollution.

J’ai du mal à respirer et je reste cloîtrée chez moi, auprès de mon purificateur d’air, depuis plusieurs jours. Je reçois des messages de sympathie de nombreuses personnes qui partagent, d’une manière ou d’une autre, mon calvaire. Car, vous le savez, les victimes de la pollution de l’air sont nombreuses. Ce sont les asthmatiques (4 millions en France). Ce sont les insuffisants respiratoires, dont le nombre atteint également 4 millions. Ce sont aussi les allergiques…

D’une certaine manière, ce sont en fait toutes les Françaises et tous les Français, car nous respirons tous à chaque instant de notre vie. Certains ou certaines sont plus vulnérables que d’autres, parce qu’ils sont plus sensibles, plus fragiles, ou plus exposés. Mais nous sommes tous concernés.

Des millions

Les victimes de la pollution de l’air sont invisibles, comme l’est cette pollution. Mais nous n’en sommes pas moins des citoyens. Nous avons le droit de respirer un air sain, un air qui ne nuise pas à notre santé, ainsi que le stipule la loi.

L’ABATTAGE SUPPLÉMENTAIRE DE DEUX LOUPS AUTORISÉ

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Le Monde.fr avec AFP | 19.06.2017 :

Les ministres de la transition écologique et de l’agriculture, Nicolas Hulot et Jacques Mézard, ont autorisé l’abattage de deux loups supplémentaires, selon un arrêté publié vendredi 16 juin au Journal officiel. Cela porte à 40 le nombre de ces animaux pouvant être tués en une année.

Désormais, 40 loups pourront être tués en une année, selon un arrêté publié au « Journal officiel ». Une décision critiquée par le collectif CAP Loup.

Un loup dans le parc de Sainte-Croix, à Rhodes, dans l’est de la France.

« En supplément du nombre maximum fixé par l’arrêté du 5 juillet 2016 et par l’arrêté du 10 avril 2017, la destruction de deux loups (mâles ou femelles, jeunes ou adultes) peut être autorisée par les préfets », d’ici au 30 juin, indique l’arrêté cosigné par les deux ministres. Ces tirs sont autorisés par dérogation, le loup étant une espèce protégée en Europe.

Décision critiquée

Cette décision a été fortement critiquée par le collectif CAP Loup (regroupant les associations Aspas, Férus et SEFPM), qui demande « l’arrêt des abattages et la mise en place d’une vraie politique de cohabitation entre les activités humaines et les loups ». Le 13 juin, le collectif a lancé une campagne « Stop aux tirs des loups », soutenue par des personnalités comme Yann Arthus-Bertrand, les acteurs Jacques Perrin, Hélène de Fougerolles, Brigitte Bardot, ou encore l’humoriste Guillaume Meurice.

Le 30 mai, un loup avait été abattu dans la Drôme, épuisant ainsi le quota de 38 animaux pouvant être tués sur un an, de juillet 2016 à juin 2017, ce quota étant destiné à protéger les troupeaux ayant subi des attaques.

360 loups en France

Depuis un an, les Alpes-Maritimes sont le département ayant enregistré à la fois le plus de dégâts dans les troupeaux (près de 3 000 bêtes) et le plus de tirs d’abattage de loups (14). Viennent ensuite la Savoie (1 780 bêtes, 6 loups tués), les Alpes de Haute-Provence (1 193 bêtes), le Var (928), les Hautes-Alpes (777) et l’Isère (709), selon un décompte non définitif.

Les autres loups abattus l’ont été dans le Var (5), les Alpes-de-Hautes-Provence (4), la Drôme (4), l’Isère (3) et les Hautes-Alpes (1), selon un décompte de la Direction régionale de l’environnement (Dreal) d’Auvergne-Rhône-Alpes.

Selon l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), la population de loups augmente et atteint désormais quelque 360 bêtes en France.