REFUSER LINKY, GAZPAR C’EST TRÈS SIMPLE !

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LETTRE DE REFUS LINKY

ETAPE 1 : Préparation Envoi de deux lettres en recommandé avec accusé de réception (LRAR)

IMPORTANT : N’attendez pas la lettre d’ERDF ou GrDF qui vous annonce la pose prochaine de votre compteur Linky ou GAZPAR.

Rendez-vous à votre bureau de poste et procurez-vous les imprimés nécessaires pour l’envoi de trois lettres recommandées avec accusé de réception. Chacun d’entre eux comportera un numéro de lettre recommandé que vous devrez reporter sur votre lettre avant de la mettre sous enveloppe.

ETAPE 2 : Envoi de deux lettres en recommandé avec accusé de réception (LRAR)

Lettre à ERDF et Lettre à votre maire :

La première est à adresser à ErDF. Si vous voulez le faire de manière un peu plus sécure, vous pouvez éventuellement doubler ou tripler votre courrier auprès d’ErDF en fonction des adresses d’ErDF dont vous relevez. Indiquez bien dans vos courriers le numéro de point de distribution qui est indiquée sur vos factures et le nom de votre fournisseur d’électricité.

La seconde est destinée au maire de votre commune qui engage sa responsabilité en cas de problème avec ces compteurs. (Nos compteurs ne sont en effet pas la propriété d’ENEDIS mais celle des communes. Et la commune reste propriétaire des compteurs.)

ETAPE 3 :

Collez sur votre compteur la copie des lettres de refus avec les accusés de réception

Téléphoner à ENEDIS au numéro vert 0800 054 659 pour refuser une quelconque installation et exiger que le refus soit bien notifié dans son dossier.

ETAPE 4 :

Vous allez recevoir une lettre d’ERDF qui ne vous confirme pas dans votre refus, mais pense vous rassurer en vous disant que ce compteur satisfait à toutes les normes sanitaires en vigueur comme si les normes étaient suffisantes pour protéger notre santé… Ne cédez pas !

Il va donc vous falloir envoyer une troisième lettre recommandée au président d’ERDF, faisant suite au courrier « standard » d’ERDF et confirmant votre refus.

ETAPE 5 :

Prenez une photo de votre compteur et des documents de refus que vous y avez attachés

ETAPE 6 : (compteur électrique à l’extérieur de la maison)

Si votre compteur est à l’extérieur de votre maison, veillez à rendre impossible de le changer en votre absence. Selon les situations, mettez un cadenas sur l’armoire qui le contient, une grille qui rend son remplacement impossible dans la demi-heure prévue ou tout autre dispositif adapté.

Malgré ces démarches, ENEDIS cherchera à vous intimider et poursuivra probablement la tentative d’installation du compteur. Ne pas hésiter à rappeler pour signaler votre refus. Vous avez tout à fait le droit de refuser ! (Qui plus est, avec le sourire) . C’est très gentil, mais c’est NON.    🙂

Et voila !   En prime, faites circuler l’info autour de vous …


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Pourquoi il faut dire Non !
au nouveau compteur Linky

Linky est un nouveau compteur électrique qui injecte en permanence dans les circuits des radiofréquences CPL (Courant porteur en ligne) de 63-95 kilohertz se superposant au 50 hertz de l’électricité. Or les circuits et appareils électriques n’ont pas été prévus pour cela.

Linky provoque des incendies : ERDF, filiale à 100 % d’EDF, l’a reconnu le 16 janvier 2016 sur RMC, mais elle le déploie actuellement dans 350 communes, via des sous-traitants ayant recruté des poseurs qui ne sont même pas des électriciens !

Linky provoque des pannes à répétition : ordinateurs, télévisions, thermostats de chauffage, matériel professionnel, ainsi que des coupures générales inexpliquées.
Or, dans ses conditions générales de vente, EDF/ERDF dégage sa responsabilité en cas de pannes et d’incendies, et les assurances ont déjà exclu des garanties « les dommages de toute nature causés par les champs et ondes électromagnétiques » !

Linky porte atteinte à notre vie privée : il transmet toutes les dix minutes nos données de consommation, qu’ERDF prévoit de vendre : le président d’ERDF a déclaré être un « opérateur de Big Data ». La Ligue des droits de l’Homme a demandé le 19 avril 2016 un moratoire sur le déploiement du Linky.

Linky facilite les cambriolages : il suffit d’appuyer sur un bouton pour savoir si le logement est vide ou occupé. Or, 40 % des compteurs sont situés à l’extérieur.

Linky est facile à pirater : des hackers et des cyber-terroristes pourront, à distance, surveiller la population ou déclencher un black-out généralisé.

Linky coûte cher (7 milliards d’euros) et devra être remplacé dans 10 à 15 ans. Ce coût exorbitant (200 à 300 euros par compteur) contrevient aux directives européennes qui prévoient que les compteurs ‘communicants’ de type Linky ne doivent être déployés que si cela est « financièrement raisonnable ».

Linky a déjà provoqué l’augmentation de nos factures : Linky ne mesure en effet pas l’énergie réelle consommée, mais l’énergie fournie. Ce qui n’est pas la même chose. De même, la mesure se porte sur le pic de consommation de l’appareil, et non pas sur la consommation effective et réelle. Il est financé par la taxe CTA (Contribution tarifaire d’acheminement) qui finance 90 % du budget d’ERDF. Et cela ne fait que commencer ! Linky mesure l’énergie apparente (correction du déphasage), soit 10 à 20 % en plus pour les appareils domestiques avec moteurs : réfrigérateur, aspirateur, lave-linge, lave-vaisselle, robots ménagers, sèche-cheveux, rasoir électrique, perceuse, tondeuse, ventilateur, etc.

Les ampoules basse consommation fluocompactes ont un Cosinus Phi de 0,5. Linky, qui mesure la consommation réelle, va doubler la consommation mesurée, et donc la facture d’éclairage ! (Depuis la signature le 19 janvier 2013 de la Convention de Minamata par 140 Etats dont la France, ces ampoules contenant du mercure sont interdites, mais cette interdiction ne prendra effet qu’en 2020.

Souvenez-vous, EDF nous les avait présentées comme « écologiques ». Nous ne nous laisserons pas avoir une deuxième fois avec le Linky !)

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Pourquoi nous refusons le Linky (suite)

EDF/ERDF le vend comme un instrument « incontournable » de la transition énergétique, pour « mieux gérer l’équilibre production/consommation » et « facturer la consommation réelle au lieu de la consommation estimée ». Elle veut remplacer tous les compteurs des particuliers et des professionnels.

Mais la mise en place du Linky entraînera la suppression de milliers d’emplois, puisque la relève se fera à distance, de même que les coupures pour factures impayées et le rétablissement de l’électricité.

À terme, personne ne pourra échapper aux radiofréquences injectées par les 35 millions de compteurs Linky dans le réseau électrique. Linky permettra à EDF/ERDF d’arrêter à distance nos appareils électriques lors des pointes de consommation, notamment le ballon d’eau chaude et les radiateurs électriques, via un module radio (ERL) dont l’emplacement est déjà prévu, et qui sera ajouté ultérieurement. Les bénéficiaires des minima sociaux se verront de surcroît imposer un « dispositif déporté » : un boîtier muni d’un écran affichant instantanément la consommation en euros, qui sera relié par micro-ondes au compteur Linky.

Or, les radiofréquences et les micro-ondes sont officiellement classées depuis le 31 mai 2011 dans la catégorie « potentiellement cancérogènes » par le Centre international de recherche sur le cancer, qui dépend de l’OMS.

Un rapport canadien établi à partir d’un sondage mené sur 210 personnes vivant aux États-Unis, au Canada et en Australie (dont 9 médecins) établit clairement un lien direct et indiscutable entre l’installation des compteurs communicants (smart grids ou smart meters) et l’apparition de nombreux symptômes d’électrosensibilité : troubles du sommeil, maux de tête, difficultés de concentration, nausées, vertiges. En France aussi, les cas d’électrosensibilité, et les cancers, vont exploser, d’autant plus que le fonctionnement du Linky nécessite l’implantation de 740 000 antennes-relais supplémentaires, à hauteur d’homme, sur les postes de transformation d’EDF. (santepublique-editions.fr)

Pour info, ERDF ou GrDF ne peuvent absolument pas vous imposer ce type d’appareil, qui plus est, si vous êtes cardiaque et que vous avez un pacemaker !

Alors on dit : LINKY Qui ?!!?  GAZPAR  Oooù ?  NON MERCI

Vous n’êtes pas seul(e)s dans cette belle aventure ! Voir ci-dessous :

ROBIN DES TOITS : http://robindestoits-midipy.org 

POSIT.YVON64 : http://posityvon64.wixsite.com/linky

FACE AUX MÉTHODES BRUTALES POUR IMPOSER LE COMPTEUR LINKY, LA RÉSISTANCE GRANDIT
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LES ÉOLIENNES AUX MAINS D’AREVA ET TOTAL

Planète sans Visa – Fabrice Nicolino – 25 avril 2014 :

Cet article a été publié par Charlie Hebdo le 16 avril 2014

Un nouvel Eldorado pour les transnationales françaises de l’énergie : les éoliennes en mer.  Un accord inédit lie le WWF, Greenpeace, les Amis de la Terre et les compères du nucléaire, du gaz et du pétrole réunis

file-photo-of-wind-turbines-in-france-where-new-commission-beennamed-for-alternative-energy-source_5881015Cherbourg, capitale de la propagande. La semaine passée – les 9 et 10 avril -, le syndicat des énergies renouvelables (SER) organisait dans le Cotentin les premières « Assises nationales des énergies marines renouvelables ». Formidable ? Dégueulasse. Pour bien comprendre ce qui se passe, il faut commencer par présenter la bête. Le SER (http://www.enr.fr) n’est pas un syndicat, c’est une vaste réunion de compères créée en 1993, où dominent quelques poids lourds comme EDF, Gdf-Suez, Total, Alstom, Areva. La fine fleur du nucléaire, des turbines industrielles qui lui sont souvent liées,  et des combustibles fossiles comme le gaz ou le pétrole. Peut-on trouver plus merdique ? Non.

À Cherbourg, on a discuté de l’avenir prévisible de deux très gros dossiers. Les éoliennes offshore et les hydroliennes. Pour les premières, c’est vraiment parti après des années de valse-hésitation. On peut voir le coup d’envoi dans une lettre un poil hallucinante datée du 18 septembre 2009. Toute la galaxie écolo officielle – celle qui a donné dans le Grenelle de l’Environnement de Sarkozy – a posé sa signature. Le WWF, Greenpeace, Les Amis de la Terre, entre autres.

Ces écolos bien-élevés hurlent à la mort, car « les adversaires de l’énergie éolienne s’apprêtent à une nouvelle campagne de dénigrement avec, pour point d’orgue, l’organisation de leur manifestation annuelle le 26 septembre ». Où ? Au Mont Saint-Michel, où ces crapules prétendent qu’il existe un projet d’éoliennes offshore. Et blababli et blablabla. Le texte est un hymne au progrès techno, et peste contre des projets de loi susceptibles de nuire à l’éolien et à son « rôle important dans la lutte contre le changement climatique et pour le développement économique ».

Non, ce n’est pas un dépliant du ministère de l’Industrie, quoique. On a oublié l’un des signataires, un certain André Antolini, alors président du SER évoqué plus haut. Antolini est une caricature, qui a été – entre autres – président de la Fédération nationale des promoteurs constructeurs (FNPC), du Conseil national de la construction (CNC), et directeur général délégué d’EDF-énergies nouvelles. Bref, un bon camarade. Comment les écolos estampillés se sont-ils embarqués à bord d’une telle galère ? Mystère des profondeurs. En tout cas, Sarkozy embraie aussitôt et débloque un dossier jusque là en panne. En janvier 2011, il annonce un appel à projets portant sur 10 milliards d’euros et cinq sites offshore : Dieppe-Le Tréport, Fécamp, Courseulles-Sur-Mer, Saint-Brieuc et Saint-Nazaire. En moins de dix ans, 600 éoliennes doivent être construites en mer.

En avril 2012, le noble Éric Besson annonce les résultats de l’appel d’offre. EDF, alliée avec Alstom et un Danois, ramasse la mise pour Courseulles, Saint-Nazaire et Fécamp. Areva et un Espagnol s’emparent de Saint-Brieuc, et Le Tréport est repoussé. Besson sanglote et lâche au micro : « Cette décision va conduire au développement d’une nouvelle filière industrielle à vocation mondiale, avec 10.000 emplois industriels créés, et positionner la France parmi les leaders mondiaux de l’industrie éolienne offshore ».

Rebelote en novembre 2013 : le gouvernement lance un second appel d’offres pour deux champs d’éoliennes offshore au large du Tréport et de Noirmoutier. Cette fois, le SER d’Antolini et de Jean-Louis Bal, son remplaçant, ne se sent plus, et annonce carrément 30 000 emplois d’ici 2030 si on lui refile toutes nos côtes. Toutes ? Quand même pas. La carte établie pour l’occasion se concentre sur la mer du Nord et la Manche, l’Atlantique au sud de Saint-Nazaire, et quelques spots en Méditerranée. Pour l’instant. On en est là, au point de bascule d’un gigantesque projet d’industrialisation côtière. La France octroie la mer proche à ceux qui ont pourri la France et le monde – Total, c’est Elf, et les satrapes africains – à coup de centrales nucléaires, de barrages géants – celui des Trois Gorges, en Chine, c’est Alstom – et de derricks dans le cul des pauvres du Sud.

Est-ce bien raisonnable ? Gloire à l’association Robin des Bois (www.robindesbois.org), qui a décidé, bien seule, de relever le gant. Dans un communiqué cinglant publié le 8 avril, elle pose la seule question qui vaille : « Nous avons dégradé le littoral. Allons nous maintenant transformer la mer côtière en zone industrielle ? ». À ce stade, ça craint déjà beaucoup, car « aucune étude d’impact sérieuse et contradictoire n’est disponible ». Rien sur les oiseaux, les mammifères marins, les poissons, les effets de barrière, les risques de collision.

Sérieusement, faut-il faire confiance à Areva et EDF pour assurer la fameuse « transition énergétique » ?

Cela s’appelle la fuite en avant. Les monstres énergétiques ne sont pas programmés pour penser la sobriété, mais seulement le gaspillage et la surproduction. L’exemple des hydroliennes entre à la perfection dans ce schéma mental.

Qu’est-ce qu’une hydrolienne ? Une turbine immergée qui utilise la puissance des courants sous-marins comme le font les éoliennes avec le vent. La technologie existe, mais ses effets demeurent inconnus. Prenons des exemples, du plus simple au plus général. Pour empêcher l’encrassage des turbines par les algues et le plancton, il faudra balancer sans cesse des produits antifouiling, qui sont parmi les pires perturbateurs endocriniens. Bien au-delà, les hydroliennes modifient fatalement les courants marins, la sédimentation, les zones de pêche. Le risque de ce que les biologistes appellent des « zones mortes » est évident.

Le projet le plus fou de tous concerne le raz Blanchard, qui est l’une de nos vraies merveilles. Il s’agit d’une sorte de torrent sous-marin d’une puissance stupéfiante – la vitesse du courant peut dépasser 5m/seconde -, à l’ouest de Cherbourg. Nul ne sait comment ce trésor s’insère dans les écosystèmes locaux et régionaux, mais les ingénieurs ont décidé de le traiter comme une grosse canalisation. Un tuyau.

Où irait l’électricité ainsi produite ? Droit dans la ligne THT qui partirait du futur réacteur nucléaire EPR de Flamanville, en direction du réseau national d’EDF. La poursuite du même, encore et toujours. Reiser, Gébé, où sont passés l’an 01 et les petites éoliennes au-dessus des toits ?

SANTÉ à LACQ: CIRCULEZ, IL N’Y A RIEN à VOIR !

La République des Pyrénées – le 14 octobre 2016

Le comité de suivi des questions de santé sur le bassin de Lacq est installé au siège de la Communauté de commune Lacq-Orthez, à Mourenx. La presse a été priée de quitter les lieux. Tant pis pour la transparence…

Il est 15 heures, ce vendredi à Mourenx. La séance d’installation du comité de suivi du bassin de Lacq s’ouvre au siège de la communauté de communes de Lacq-Orthez (CCLO), à Mourenx. La salle du conseil est considérablement garnie. « Preuve que la question est importante », glissera en introduction le préfet des Pyrénées-Atlantiques Eric Morvan.

« Rien n’est pire que de laisser penser qu’on est maintenu dans l’ignorance des risques sanitaires. »

Juste avant, le président de la CCLO, Jacques Cassiau-Haurie, a ouvert cette séance d’installation sur le thème de la transparence en matière d’impact sanitaire et environnemental de l’activité industrielle sur le bassin de Lacq. « Cette instance doit favoriser l’information au public, déclare-t-il. Rien n’est pire que de laisser penser qu’on est maintenu dans l’ignorance des risques sanitaires. »

Moins de 20 minutes après l’ouverture de la séance, alors que le préfet Eric Morvan commence à s’exprimer, le photographe et le rédacteur de La République des Pyrénées vont être priés de quitter la salle, sur consigne de la secrétaire générale de la préfecture.

Il est question de santé publique

On résume : on donne naissance à un comité de suivi des impacts sanitaires et environnementaux de l’activité industrielle sur le bassin de Lacq, où il va donc être question de santé publique, dans l’objectif affiché d’assurer une meilleure information des populations.  En toute transparence. Mais la simple installation de ce comité, pour en connaître les missions, le fonctionnement et la régularité de ses réunions, par exemple, est donc fermée à la presse. Pas de quoi rassurer sur la fin de l’opacité sur le dossier de Lacq, notamment en ce qui concerne les odeurs ressenties à nouveau de façon importante par les habitants.

Le comité de suivi doit fusionner les deux structures pré-existantes : le comité local d’information et de concertation (CLIC), chargé de l’’élaboration du Plan de Prévention des Risques Technologiques (PPRT) et le Secrétariat permanent pour la prévention des pollutions industrielles (SPPPI), instance de concertation réunissant (une fois par an) préfecture, industriels, associations de protection de l’environnement, usagers et syndicats de salariés du Bassin de Lacq. 

POLLUTION DU BASSIN DE LACQ : LES CAUSES DEMEURENT INCONNUES

Sud-Ouest – le 15/07/2017 :

L’association Sepanso y lit un aveu d’impuissance des industriels face à une détresse croissante des riverains.

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« Des solutions, ils n’en trouvent pas. »

Cri de colère d’un riverain de la zone industrielle de Lacq. L’épiderme de ses bras est marqué de cicatrices rondes comme des brûlures de cigarettes. Depuis 2015, les habitants de Lacq et des communes aux alentours du site se plaignent d’odeurs piquantes et présentent des symptômes physiques inquiétants (langue qui gonfle, irritations, étouffements).

Mardi 11 juillet, s’est tenue la quatrième réunion d’information avec les élus locaux, les représentants de l’État et les industriels à destination des riverains, à la mairie de Lacq. Frustrations et incompréhensions alors que les dernières analyses n’ont pas pu montrer de corrélation entre un incident chimique et les maux des Lacquois.

Une recrudescence des maux

« Malgré les améliorations, les gens souffrent, ils veulent au moins savoir de quoi », a tonné Sylvie Merle-Vignau, secrétaire de la Fédération des sociétés pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature (Sepanso). L’association est venue montrer son soutien à la grosse vingtaine d’habitants présents à la réunion. Ils n’ont pas été conviés à la discussion qui s’est tenue à huis clos.

L’arrêt de l’unité de revalorisation de soufre a peut-être été à l’origine du répit de cinq mois qu’ont connu les habitants de Lacq. Mais depuis le début de l’été, les brûlures et les sensations d’étouffement ont repris de plus belle.

Pour l’instant, les trois campagnes d’analyse de l’air n’ont rien montré d’anormal a rappelé Yannick Lefichant, détaché comme coordinateur de la médiation entre les entreprises et les riverains. Une nouvelle analyse serait prévue. Le maire de Lacq-Audéjos a précisé que « des solutions seraient trouvées dès que la cause du problème serait détectée ». À ce jour, le site répond aux normes des meilleures techniques disponibles (MTD) pour limiter la pollution.

Des mesures insuffisantes, selon l’association, qui prie les pouvoirs publics d’explorer d’autres hypothèses, dont celle que Patrick Mauboules, de la Sepanso, a appelé « l’effet cocktail ». « Aujourd’hui, les 20 entreprises présentes sur le complexe pétrochimique manipulent 140 molécules. Toutes les interactions ne sont pas connues des scientifiques. »

Autre possibilité soulevée, celle de l’hypersensibilité des habitants de la zone, exposés depuis des années aux émanations des usines. « Dans tous les cas, il y a quelque chose qui est alarmant. Si toutes ces personnes, habituées aux odeurs depuis des décennies se plaignent, il faut s’inquiéter », conclut Sylvie Merle-Vignau.

TOUS LES ARTICLES DANS LA RUBRIQUES : LACQ – ÉMANATIONS TOXIQUES

SUICIDE CHEZ LES AGRICULTEURS : LES PESTICIDES MIS EN CAUSE

Newsweek – le 10 Avril 2014 :

a856bb59848488ff3274293ddb6b9db5Dans un article publié dans le magazine américain Newsweek en avril dernier, l’écrivain et réalisateur Max Kutner soulève la question d’un lien potentiel entre l’exposition aux pesticides et les niveaux élevés de suicides chez les agriculteurs. 

Aux-États-Unis, les agriculteurs ont un taux de suicide deux fois plus élevé que la population générale. En France, un agriculteur meurt par suicide tous les 2 jours,

indique-t-il. Le chiffre serait plutôt d’un par jour selon certaines analyses.

Les agriculteurs vivent souvent de grandes difficultés liées aux évolutions actuelles du travail agricole. Mais un autre facteur pourrait s’ajouter: celui de l’exposition aux pesticides. 

Une étude publiée par la psychologue Lorrann Stallones de l’Université d’État du Colorado et ses collègues dans la revue Environmental Health Perspectives (EHP) en 2008 montrait un lien entre l’exposition aux pesticides et la dépression. Les travaux de ces chercheurs ont montré que les agriculteurs en contact avec les pesticides développent des symptômes physiques comme la fatigue, des engourdissement, des maux de tête et des troubles de la vision, ainsi que des symptômes psychologiques comme l’anxiété, l’irritabilité, des difficultés de concentration et la dépression, résume Kutner.

Selon une recherche rapide que nous avons effectuée, une étude publiée ce mois-ci dans la même revue par John D. Beard de l’Université de Caroline du Nord et ses collègues montre aussi des liens entre l’exposition à plusieurs pesticides spécifiques et la dépression. 

En 2013, une analyse de la littérature scientifique publiée par les chercheurs Carmen Freire et Sergio Koifman dans l’International Journal of Hygiene and Environmental Health (IJHEH) indiquait que certaines études montrent un lien entre l’exposition aux pesticides et soit la dépression, soit le suicide. L’analyse montrait la pertinence de mener de plus amples recherches pour explorer ces relations dans des études incluant de plus grands nombres de travailleurs en utilisant des évaluations détaillées de l’exposition et des évaluation d’autres sources potentielles de stress psychologique.

« SUR LES PERTURBATEURS ENDOCRINIENS, LA FRANCE A CAPITULÉ , TOTALEMENT ET COMPLÈTEMENT»

LE MONDE | 10.07.2017 :

arton12679-e6cb0La France a finalement cédé sur le dossier des perturbateurs endocriniens (PE). Elle s’est départie de la fermeté qu’elle avait affichée jusqu’ici. Elle a abandonné en rase campagne le Danemark et la Suède, avec lesquels elle luttait, pied à pied, pour un niveau de précaution en matière de santé et d’environnement qui soit simplement en accord avec le droit de l’Union. Contrairement au « storytelling » distillé par le gouvernement, la France n’a obtenu, en signant les critères de définition de ces substances, le 4 juillet à Bruxelles, aucun nouveau progrès, aucune avancée.

Le texte permettra d’identifier les PE seulement « présumés », entend-on claironner. Hélas ! Cette mention est absente des annexes techniques, ce qui la rend juridiquement inexistante. En outre, elle était déjà présente dans la version de mi-mai. Il faut le rappeler et le répéter : le document signé le 4 juillet n’a pas changé d’une virgule par rapport à celui qui était sur la table avant la formation du premier gouvernement d’Edouard Philippe. La France n’a rien obtenu de plus. Elle a capitulé, totalement et complètement.

Le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a assuré que les dérogations accordées par le texte aux pesticides « perturbateurs endocriniens par conception » seront combattues par la France, qui les bannira unilatéralement de son territoire. Mais qui peut croire qu’un gouvernement sabordera la compétitivité de son agriculture en interdisant l’usage de dizaines de pesticides autorisés ailleurs en Europe ? Et qui réalisera le travail gigantesque d’analyse, molécule par molécule, nécessaire à une telle mesure ? Les fonctionnaires déjà surchargés de l’Agence nationale de sécurité sanitaire ? Ce n’est pas sérieux.

Le paravent du jargon technique

Oublions un instant la santé et l’environnement. Car c’est avant tout de démocratie qu’il s’agit.


Reporterre – le 05 Juillet 2017 :

Les gouvernements européens ont adopté le 4 juillet une définition commune des perturbateurs endocriniens. Cela a été possible par le changement de pied de la France : alors que Mme Royal avait bloqué ce texte aux garanties insuffisantes, M. Hulot a cédé. Les dispositions adoptées sont critiquées par les écologistes. La bataille se portera au Parlement européen.

Une « véritable politique européenne sur les perturbateurs endocriniens », « un grand succès » : voici les mots choisis par le Commissaire européen à la santé et la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis, pour saluer l’adoption par les États européens d’une définition de ces substances reconnues dangereuses pour notre santé. Ce texte était présenté régulièrement depuis juin 2016 aux États européens, qui jusqu’à présent n’étaient pas assez nombreux à l’approuver pour qu’il soit adopté.

Mardi 4 juillet à la mi-journée, le changement de position de la France — qui s’était opposée jusqu’ici — a tout fait basculer et a permis le vote d’un texte sur un dossier qui traîne depuis décembre 2013.

« Une fois appliqué, ce texte assurera que toute substance active utilisée dans les pesticides et identifiée comme perturbatrice endocrinienne pour les personnes ou les animaux peut être évaluée et retirée du marché », a poursuivi Vytenis Andriukaitis dans le communiqué de la Commission.

Vraiment ? Ce n’est pas l’avis des ONG environnementales qui suivent le dossier depuis longtemps – notamment Générations futures et une coalition de 70 ONG, EDC Free Europe. Elles jugent que cette définition présente deux défauts majeurs, qui risquent de limiter fortement le nombre de substances concernées :

  • Elles considèrent que le niveau de preuve demandé pour classer une substance comme perturbatrice endocrinienne est trop élevé : la majorité d’entre elles risquent d’échapper au classement ;
  • Elles contestent l’exemption accordée aux pesticides ayant pour mode d’action, justement, la perturbation endocrinienne. « C’est précisément cette disposition qui permettrait d’exclure le glyphosate de la liste des pesticides perturbateurs endocriniens », dit à Reporterre François Veillerette, porte-parole de Générations futures.

« L’ensemble des ONG européennes qui suivent le dossier est donc très déçu de ce changement de position de la France », poursuit-il. Seuls le Danemark, la Suède et la République tchèque ont voté contre la proposition de la Commission.

La France, elle, avait pourtant fortement pris position contre. En décembre dernier, l’ex-ministre de l’Environnement Ségolène Royal avait jugé « inacceptable » la définition de la Commission. Le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, au micro de Jean-Jacques Bourdin, avait indiqué fin juin qu’il ne « céderait rien sur ce sujet ».

Il s’explique de ce revirement dans une interview à Libération mardi 4 juillet. « Jusqu’au bout, je n’étais pas du tout certain de voter le texte », assure-t-il. Pour le faire, « il y avait un certain nombre de conditions que j’ai obtenues, à l’exception d’une seule. »

« Aujourd’hui, la France a fait le choix politique de ne pas s’opposer »

Ces conditions sont détaillées dans un communiqué publié mardi 4 juillet à la mi-journée, qui se réjouit de « ce vote [qui] met fin à quatre années de retard pour l’interdiction de ces substances dangereuses. ». Parmi les concessions obtenues, la réévaluation de substances supplémentaires, une stratégie globale permettant de prendre en compte toutes les voies d’expositions aux perturbateurs endocriniens (jouets, cosmétiques et emballages alimentaires inclus), 50 millions d’euros pour la recherche sur le sujet, et enfin une évaluation rapide de l’impact de cette nouvelle définition des perturbateurs endocriniens (PE).

Toujours dans Libération, Nicolas Hulot se félicite donc d’avoir fait « basculer dans le giron un certain nombre de substances qui, pour l’instant, en étaient tenues à l’écart ». Il admet n’avoir « pas eu gain de cause sur la levée de l’exemption – que défendent notamment les Allemands – de certains produits qui ont été conçus pour être des PE. »

« Cela veut dire que l’on va évaluer quelques substances de plus, mettre un peu plus d’argent dans la recherche, et renforcer une stratégie européenne qui existe déjà, explique François Veillerette. C’est plutôt positif, mais en fait, ce n’est pas grand-chose. Rien n’a été gratté sur les deux points essentiels et problématiques de la définition. »

Pourquoi le gouvernement français a-t-il lâché en échange de si peu ? « Je ne me l’explique pas, confie à Reporterre Corinne Lepage, pourtant soutien d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle. J’avais déjà trouvé les réponses de Nicolas Hulot à Jean-Jacques Bourdin assez évasives sur ce sujet-là. »

« Depuis le début, la dynamique au niveau de l’État français est de ne pas faire obstacle à l’avancée européenne, observe François Veillerette. Ils veulent être dynamiques, européens, positifs. Nous n’avons pas arrêté de leur dire que, même si c’est désagréable de dire non à la Commission, il faut se battre. Mais aujourd’hui, la France a fait le choix politique de ne pas s’opposer. »

Mais ce sont quelques mots glissés dans le communiqué français qui l’inquiètent le plus. Celui-ci met en avant des « mesures nationales » destinées à renforcer l’action sur les perturbateurs endocriniens en France. Il indique que « les ministres de la Transition écologique et solidaire, des Solidarités et de la Santé, et de l’Agriculture et de l’Alimentation, saisiront l’Anses [Agence nationale de sécurité sanitaire] pour mener une évaluation des risques des produits les plus utilisés contenant ces substances. »

Une phrase à lire attentivement. François Veillerette relève tout d’abord que seuls les « produits les plus utilisés » sont concernés. Et surtout, ils seront soumis à une « évaluation des risques ». « Cela signifie que l’on peut tolérer un produit dangereux s’il est peu présent dans l’environnement. Mais cette méthode ne fonctionne pas pour les PE, car leur impact n’est pas lié à la quantité, mais au moment d’exposition – la grossesse par exemple -, à l’effet cocktail – la plupart du temps on est exposé à plusieurs PE en même temps et leur impact est décuplé -, sans compter qu’ils ont un effet transgénérationel. » En résumé, l’exposition à la moindre petite molécule de PE au mauvais moment peut avoir des conséquences à très long terme…

« L’évaluation des risques, c’est exactement ce que veut l’industrie. Or, on avait obtenu avec le règlement européen de 2009 une possibilité d’interdire les PE sur la base de leur dangerosité : si un produit est dangereux pour la santé, on ne le met pas sur le marché. Remplacer le danger par le risque, c’est une capitulation idéologique majeure », regrette encore le porte-parole de Générations Futures.

Mais tout n’est pas terminé pour autant. Le texte approuvé hier doit désormais passer devant le Parlement Européen. Les ONG l’appellent à refuser cette définition des PE.

LA LUTTE CONTRE LA POLLUTION LUMINEUSE PREND DU RETARD EN FRANCE

LE MONDE | 19.04.2017 :

pollution-lumineuse-TenerifeTrois associations ont déposé un recours devant le Conseil d’Etat pour dénoncer l’inaction du gouvernement. Cette pollution méconnue a des conséquences sur les écosystèmes et la santé.

Moins médiatisée que la pollution de l’air ou le réchauffement climatique, la pollution lumineuse fait pourtant partie du quotidien. Les lumières artificielles s’accumulent dans les environnements professionnel et personnel : bâtiments intérieur et extérieur, panneaux publicitaires, commerces, bureaux, lampadaires, installations sportives… On parle de pollution lumineuse lorsque les éclairages artificiels sont omniprésents au point d’altérer les niveaux d’éclairage naturel de la nuit, et ont des conséquences sur l’environnement nocturne.

La consommation électrique liée à l’éclairage public reste assez faible en France (5,6 térawattheures, soit 1,2 % de la consommation totale d’électricité du pays en 2015, selon les chiffres de l’Association française de l’éclairage). L’éclairage des villes, indispensable notamment pour assurer la sécurité, continue pourtant de grignoter l’obscurité des nuits.

L’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne (ANPCEN) estime que « le nombre de points lumineux a augmenté de 89 % en vingt-cinq ans » en France. Selon une étude publiée en juin 2016 dans la revue américaine Science Advances, près de 83 % de la population mondiale et près de 99 % des populations européenne et américaine vivent sous un ciel nocturne plus ou moins altéré par la pollution lumineuse. Un label de « réserve internationale de ciel étoilé » a même été décerné fin 2013 au pic du Midi pour préserver la qualité du ciel dans cette région.

Inquiètes des conséquences de ce « crépuscule permanent », l’ANPCEN et deux autres associations – France nature environnement (FNE) et la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature, section Isère – ont saisi le Conseil d’Etat, mi-mars, pour contraindre le ministère de l’environnement à publier les arrêtés prévus par la loi Grenelle II du 12 juillet 2010. « Cette loi réglemente notamment les installations lumineuses dans certains espaces naturels, comme les sites Natura 2000 ou les parcs nationaux. Sauf qu’aujourd’hui, aucun arrêté n’existe. Par exemple, des stations de ski vides la nuit continuent d’être éclairées », dénonce Anne Roques, juriste en environnement de la FNE.

C’est en 2007, avec le Grenelle de l’environnement, que les impacts des émissions de lumière artificielle sur la santé et sur la biodiversité commencent à être pris en compte (loi Grenelle I). En 2010, la loi Grenelle II intègre un chapitre sur « la prévention des nuisances lumineuses ». Trois ans plus tard, un arrêté concernant l’arrêt de l’éclairage des bâtiments non résidentiels entre 1 heure et 7 heures du matin est signé. Mais aucun arrêté d’application n’a été paraphé sur le volet des espaces naturels. En 2016, la loi sur la biodiversité avait pourtant inscrit les paysages nocturnes dans « le patrimoine commun de la nation ». Contacté, le cabinet de la ministre de l’environnement n’a pas répondu à nos sollicitations.

La qualité de la nuit en France, en 2015, apparaît médiocre dans la plupart des régions de France.

Dans un courrier adressé à Ségolène Royal, en novembre 2016, les associations demandaient déjà l’application stricte de la loi, sans réponse. « Tous les soirs, 36 000 communes françaises sont concernées. On se demande pourquoi cette pollution lumineuse n’est pas prise au sérieux. Si on avait des robinets qui coulent à la place des lampadaires qui restent allumés, on s’inquiéterait davantage », explique la présidente de l’ANPCEN, Anne-Marie Ducroux.

Pour elle, les solutions pour diminuer cette pollution sont simples, comme une orientation des lampadaires « Ulor zéro », c’est-à-dire qui ne dépasse pas l’horizontale. « Heureusement, nous avons recensé plus de 12 000 communes qui diminuent d’elles-mêmes leur consommation la nuit, détaille-t-elle. Il nous faut maintenant des mesures globales au niveau national car les effets de la lumière artificielle sur la biodiversité et sur la santé sont avérés. »

Effets sur la biodiversité et la santé

Dans certaines régions, notamment autour des grandes métropoles, la nuit noire n’existe plus vraiment. Des halos lumineux créés par les lumières des villes sont visibles à plusieurs kilomètres, entraînant des conséquences sur l’écosystème. Ainsi, des prédateurs qui utilisent la lumière pour chasser, ou à l’inverse des proies qui utilisent l’obscurité comme protection, voient leur mode de vie perturbé.

Les oiseaux qui migrent ou chassent la nuit naviguent au clair de Lune et à la lumière des étoiles. Les lumières artificielles peuvent les faire migrer trop tôt ou trop tard et manquer des conditions idéales pour la nidification ou la recherche de nourriture. Dans un article publié dans le New York Times en avril 2016, des scientifiques ont alerté sur les conséquences sur d’autres populations comme les tortues de mer, les coraux ou les planctons.

Mais la santé des êtres humains aussi est détériorée par une exposition inappropriée aux lumières artificielles. Pour Patrice Bourgin, chercheur au CNRS à l’Institut des neurosciences cellulaires et intégratives, et responsable du Centre d’études des troubles du sommeil au CHU de Strasbourg, le corps humain est certes « programmé pour être exposé à la lumière naturelle » et la lumière du jour est « indispensable » pour caler les rythmes biologiques sur le cycle lumière-obscurité. Mais il alerte sur les dérèglements de l’horloge interne que peut entraîner une exposition à la lumière à un moment inopportun : « Notre horloge biologique régit notre rythme circadien [ou biologique], qui dure environ vingt-quatre heures. Ce rythme va être perturbé par exemple lors d’une exposition intense et tardive le soir. »

Autre conséquence, la lumière va inhiber la synthèse de la mélatonine, cette hormone sécrétée uniquement la nuit. « La mélatonine agit aussi sur les rythmes circadiens. Finalement, si la lumière a des effets bénéfiques importants pour notre santé, elle peut aussi, en cas de mauvaise utilisation, dérégler nos rythmes circadiens et favoriser la survenue de troubles du sommeil, de l’humeur, voire du diabète. »

DU MICROPLASTIQUE DANS NOS RIVIÈRES, UN PHÉNOMÈNE MÉCONNU, MAIS INQUIÉTANT

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Reporterre – le 26 juin 2017 :

arton12390-ddd6eLa pollution des océans par les microplastiques est un phénomène inquiétant. Mais 80 % de ces fragments viendraient des rivières. Des initiatives de science participative sont prises pour étudier cette pollution en amont, dans les eaux continentales. Les résultats permettront de confronter les États à leur responsabilité.

  • Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), correspondance

Deux canoës s’apprêtent à glisser le long de la Nive, au Pays basque, en cet après-midi ensoleillé et venteux du mois d’avril. Sur la plage de galets en face de la zone d’embarquement, deux hommes ont tendu leur ligne et attendent qu’un poisson plus gourmand ou curieux que les autres se laisse tenter par leur appât. Dans les bateaux, c’est un matériel de pêche d’un tout autre genre que les quatre bénévoles de l’association la Pagaie sauvage ont embarqué : une bouteille de plastique coupée en deux sur laquelle est fixé un collant pour bébé, le « babylegs ». La partie de pêche qui s’annonce n’a pas pour objectif de rapporter du poisson, mais de collecter des données sur le taux de pollution aux microplastiques.

Entre 7.000 et 35.000 tonnes de microplastiques, constitués de particules de plastique inférieures à 5 millimètres, flotteraient à la surface des océans. Pourtant, cette fourchette reste une sous-évaluation de la teneur totale des milieux marins en microplastiques, car les mesures excluent ceux ingérés par la faune ou absorbés par la flore, ceux présents en suspension dans les colonnes d’eau ou ceux qui se déposeraient sur les fonds marins. Au total, 92 % du plastique présent dans les océans pourrait être du microplastique.

Depuis plusieurs années, de nombreux scientifiques se penchent sur ces particules invisibles à l’œil nu qui, présentes dans les milieux marins, se retrouvent désormais dans l’intégralité de la chaîne alimentaire, jusque dans nos assiettes, et qui posent des questions de pollution environnementale et de santé publique. La nocivité en soi des microplastiques sur la santé animale ou humaine reste une question en suspens ; cependant, il a été prouvé que les particules de plastique sont un fixateur de premier ordre pour les substances chimiques et notamment les perturbateurs endocriniens.

« Les études dans les océans sont un premier pas, mais insuffisant »

Si les sources de contamination ne sont pas encore parfaitement connues, il existe néanmoins de fortes suspicions. La plus connue est sans doute celle des cosmétiques : nombre de nos produits hygiéniques contiennent des microbilles de plastiques non traitées par les stations d’épuration du fait de leur trop petite taille. Les exfoliants, certains dentifrices et gels douche sont concernés. Directement rejetées dans les eaux usées, les microbilles atterrissent en milieu naturel. Néanmoins, la législation en France évolue puisque, dès le premier janvier 2018, les microbilles de plastique seront bannies des produits cosmétiques.

Des mésoplastiques.

La deuxième source de la pollution aux microplastiques serait nos machines à laver. Éric Thybaud, responsable du pôle danger et impact sur le vivant à l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), explique : « Nous n’avons pas d’éléments précis, mais les microfibres pourraient venir des lave-linges : elles se dégageraient au moment du lavage des vêtements synthétiques. »

Enfin, le dernier type de microplastiques est issu de la fragmentation de plastiques plus importants qui viennent de sources de pollution mieux identifiées : décharges sauvages, décharges emportées par des crues, rejets par les industries, etc. Éric Thybaud rappelle qu’il ne s’agit là que de présomptions : « Pour valider ces hypothèses, il faudrait reprendre ces plastiques et en déterminer la nature chimique. »

Selon une estimation, environ 80 % des microplastiques retrouvés dans les océans transiteraient par les eaux continentales et seuls 20 % seraient rejetés directement dans les mers. Les rares études menées en eau douce montrent que la teneur en microplastiques y est inquiétante. Ainsi, dans le lac Léman, en Suisse, les chercheurs en ont retrouvé dans tous les types d’échantillons prélevés. En France, seul l’Ineris a mené une recherche sur l’estomac des goujons en 2013 : 10 % des individus de l’échantillon étaient contaminés. Pour Éric Thybaud, « cette étude nous a permis d’observer que le phénomène n’est pas marginal et qu’il est à peu près équivalent à ce que l’on observe en milieu marin ».

Lise Durantou, l’une des fondatrices de l’association la Pagaie sauvage.

S’intéresser à cette pollution des eaux continentales n’a rien d’anodin pour Lise Durantou, l’une des fondatrices de l’association la Pagaie sauvage, laboratoire citoyen sur les microplastiques : « Les études dans les océans sont un premier pas, certes, mais insuffisant. Le milieu océanique n’appartient à personne, ce qui permet de diluer les responsabilités de chaque État. Si l’on veut mieux connaître les sources de contamination et prendre des mesures efficaces pour lutter contre, il faut analyser les eaux continentales. » Le constat est partagé par Éric Thybaud : « Mener d’autres études en eau continentale permettrait de déterminer l’origine des microplastiques et, s’il est avéré qu’ils ont un impact sur les organismes et les écosystèmes, essayer de mettre en place des mesures pour éviter cette contamination. » Mais, si l’Ineris s’intéresse au sujet, l’institut n’a pour l’instant pas les moyens financiers ni humains de poursuivre dans cette voie.

Alerter les citoyens sur le danger de cette contamination méconnue

Face à la rareté de recherches scientifiques, des acteurs de la société civile se sont emparés de la question. La brigade Riverine Input, mise en place par l’ONG Surfrider depuis 2014, se charge de relever tous les mois les niveaux de pollution dans huit zones de l’Adour. Macrodéchets, analyses de la qualité de l’eau et, bientôt, observation du microplastique : le spectre de la brigade est large. Si les échantillons collectés depuis mars 2014 par l’ONG n’ont pas encore révélé leur taux de microplastiques, c’est parce que l’observation nécessite du matériel, a minima une loupe binoculaire. Mais une équipe de chercheurs anglais vient de changer la donne en publiant, en mars 2017 dans la revue Nature, la description d’une nouvelle technique plus simple et moins coûteuse pour séparer le microplastique des autres matières en le rendant fluorescent. Antoine Bruge, responsable du programme Riverine Input, voit dans cette étude la solution pour enfin analyser les échantillons qu’il garde précieusement dans un carton au pied de son bureau dans le grand hangar moderne qui abrite le siège de Surfrider.

L’outil de prélévement : une bouteille de plastique coupée en deux sur laquelle est fixé un collant pour bébé, le « babylegs ».

À bord des canoës de la Pagaie sauvage, l’équipe jette son dévolu sur une gorge bordée par une plage de sable. Les pétales d’acacia qui volent dans la brise et l’eau cristalline de la Nive qui chante entre les rochers laissent présager un milieu préservé. Les quatre membres de l’association présents ce jour-là se relaient pour tenir le « babylegs » trente minutes à l’eau. La technique qu’ils utilisent a été mise au point par une scientifique canadienne, Max Liboiron. Très simple à reproduire, elle a pour objectif d’impliquer les citoyens dans une démarche de science participative : chacun peut élaborer un filet « babylegs » chez lui, procéder à un relevé et envoyer les résultats à l’équipe de l’association qui se charge de les analyser et de les reporter sur la carte interactive de leur site. Lise Durantou espère ainsi faire des émules et inciter des particuliers à participer à une meilleure connaissance de cette pollution invisible. Il s’agit aussi d’alerter les citoyens sur le danger de cette contamination méconnue.

Alexandre Schaal, cofondateur de la Pagaie sauvage.

La jeune structure a déjà trouvé un partenaire pour compléter sa carte : elle s’est associée au projet Solidex, une initiative menée par trois jeunes qui descendront la Loire en canoë pendant deux mois à partir de juin 2017 pour faire de la prévention environnementale. Tous les 100 kilomètres, les participants à Solidex réaliseront un relevé et l’enverront à l’équipe de la Pagaie sauvage pour analyse. Entre les mailles du filet, au milieu des feuilles mortes et des pétales d’acacia, la Nive va révéler un de ses secrets les mieux gardés : l’eau, en apparence cristalline, contient-elle d’infimes particules de plastique ? Lors d’un précédent relevé, l’équipe avait déjà découvert des microplastiques. Mais cela n’étonne plus Alexandre Schaal, cofondateur de la Pagaie sauvage, depuis qu’un relevé s’était avéré positif, à à peine cinq kilomètres de la source de la Dordogne.

Cliquez ici pour voir La carte interactive des prélèvements réalisés